DE KALAW A INLE

Salut les randonneurs à St Tropez!

Après deux mois passés en Indonésie, on vous invite ici à suivre nos premiers pas au Myanmar. Mais avant toute chose, on souhaite revenir sur les raisons qui nous ont poussés à venir ici malgré la crise que vit le pays actuellement.

Pour ceux qui ne le savent pas, un drame se déroule en ce moment-même dans l’Etat Rhakine, à l’ouest du Myanmar. Une minorité établie dans cet Etat, les Rohingyas, est persécutée depuis des décennies. Les Rohingyas ne sont d’ailleurs pas reconnus en tant que citoyens birmans par le gouvernement. Cette situation n’est donc pas nouvelle. Toutefois, les violences à leur encontre se sont nettement accentuées depuis août 2017, après qu’un groupe armé Rohingyas (ASRA) ait attaqué des postes-frontières. L’armée a entamé de violentes représailles suite à cet événement, ce qui a poussé la communauté internationale à s’intéresser (enfin) à la situation, employant les termes de nettoyage ethnique et même de génocide.

C’est résumé très rapidement, on n’est clairement pas spécialistes de la question, mais il en résulte que des villages Rohingyas ont été rasés, que des exactions terribles sont commises, et qu’un exode massif de la population Rohingya vers le Bangladesh est en cours.

De quoi nous faire sérieusement envisager de remettre en cause notre projet de visiter ce pays donc! Mais après avoir mûrement réfléchi, on a décidé de venir malgré tout. En effet, on pense que ce n’est pas la faute des habitants du pays si l’armée commet des atrocités, et que boycotter le pays revient à priver ces personnes de leur moyen de survie alors qu’elles n’y sont pour rien. On va donc voyager comme on en a l’habitude, c’est à dire en dormant dans de petites guesthouse familiales et en essayant de laisser le moins d’argent possible au gouvernement. Ce qui n’est pas si simple car l’Etat prend des taxes à peu près sur tout…

C’est donc avec une petite appréhension et pas tout à fait certains d’être en accord avec notre sens éthique que nous atterrissons à Yangon, l’ancienne capitale du pays!

De Yangon à Kalaw

A peine le pied posé à Yangon, la ville nous plait instantanément. Le centre ville est interdit aux deux roues, ce qui le rend particulièrement calme et agréable. Et ce n’est pas une sinécure pour une ville du sud-est asiatique! On est également tout de suite frappés par la gentillesse des habitants, qui dégagent une espèce de sérénité, de douceur tranquille. On passe notre première journée à découvrir la ville à pieds, chose qu’on adore.

Deuxième jour, on se réveille tout excités. C’est que nos deux potes Angélique et Romain débarquent de Suisse pour nous retrouver aujourd’hui ?. On en a de la chance d’avoir des copains qui aiment voyager!

Après des retrouvailles tout en émotions, on part tous les quatre visiter la pagode Schwedagon, attraction phare de la ville.

Le lendemain soir, on embarque dans un bus en direction de Kalaw, un peu plus au nord. Grâce à nos copains, jamais une attente dans une station de bus n’aura été si plaisante: bouteille de rouge et gruyère livrés tout droit de Suisse nous aideront à passer le temps ?

Randonnée de Kalaw à Inle

Ce n’est pas au hasard que nous avons choisi Kalaw comme première destination birmane. La région est connue pour le trek reliant cette petite ville au célébrissime lac Inle. Notre journée passée à Kalaw sera donc essentiellement consacrée à trouver un guide qui nous convienne pour faire cette balade de trois jours.

On commence par contacter quelques guides indépendants recommandés sur internet, mais on fait chou blanc, ils sont tous déjà en trek – ça a parfois des désavantages de ne rien organiser à l’avance -. On va donc faire le tour de quelques agences en ville. Les prix varient du simple au double, et tout le monde semble proposer le même itinéraire. Mouais, ça nous enchante moyennement de passer trois jours à la queue leu-leu avec douze mille autres groupes.

On finit par trouver notre bonheur auprès de James, fringant guide de 64 ans, qui travaille pour une agence proposant selon lui un tout nouveau chemin emprunté par aucun autre concurrent. Le prix est certes plus élevé que dans les grosses agences, mais il nous garantit que cet argent sert à mieux rémunérer les familles qui nous accueilleront la nuit ainsi que le cuisinier qui nous accompagnera. Soit, ces arguments font mouche et on décide de lui faire confiance. James nous donne rendez-vous le lendemain matin à 8h pour le départ!

Premier jour

8h pétantes, nous voilà prêts au départ. Romain donne tout de suite le ton à James: quand il siffle dans son petit sifflet, c’est que c’est l’heure de l’apéro. A 8h30, il a déjà sifflé une bonne dizaine de fois, on sent que le trek va être long ? D’ailleurs, on vous signale au passage que Romain et Arnaud répondent désormais aux doux petits noms de Komo et Arnold, ayant été renommés ainsi par James (pour qui leurs vrais noms étaient imprononçables).


La randonnée débute dans une jolie forêt de pins. Le chemin traverse ensuite des plantations à perte de vue, entre rizières, champs de piments, de choux-fleurs, ou encore de tomates. On s’arrête pour diner dans une petite gargote où on fait connaissance avec notre cuisinier, qui nous prépare une soupe de nouilles Shan. Il nous suivra tout au long du trek à moto (par d’autres chemins évidemment). L’après-midi, on passe de village en village en suivant des petits chemins pédestres.

En milieu de journée, on traverse une rizière en son centre. James nous recommande de faire bien attention car une rizière, c’est en partie immergé, et ça glisse. Le garçons, partis devant, se retournent soudain en entendant un cri et des gloussements. Les filles, au milieu de la rizière, sont pliées de rire et ont du mal à avancer. Il s’avère qu’Angélique, voulant faire croire aux garçons qu’elle était tombée dans la rizière, a réellement glissé, et a failli y laisser sa chaussure! Sarah riait tellement qu’elle a eu bien de la peine à l’aider à remonter!

On apprécie particulièrement regarder le jour décliner sur les champs et observer les paysans rentrer le bétail. On arrive au soleil couchant dans le village où nous allons passer la nuit, après 7h d’une marche facile.



Komo et Marguerite

On termine cette super journée avec un bon souper et une petite binche, avant de se mettre au lit sur une natte sous une moustiquaire. On dort dans une pièce à coté de la chambre familiale. Confort sommaire, mais meilleur que celui qu’on a pu avoir dans certaines guesthouse crasseuses!

Second jour

La deuxième journée de marche nous révèle des paysages plus variés que la première. On traverse toujours des champs, mais on passe également dans de jolies petites vallées, et toujours dans de nombreux villages. On marque un stop pour visiter un vieux monastère bouddhiste tout en tek.

Ces dames vont montrer à Arnaud comment récolter le riz, activité à laquelle il s’essaiera avec plus ou moins d’habileté ?

En fin de journée, la pluie menace. On se dépêche d’avaler les derniers kilomètres, mais James semble nous faire faire un petit détour. On commence à s’inquiéter à l’idée de finir trempés, quand on découvre ce qu’il nous réservait: une vue plongeante sur le lac Inle, notre point d’arrivée demain! Ca valait le détour, et c’est juste avant que la pluie ne commence à tomber et après une nouvelle journée de 7h de marche qu’on rejoint la maison de la seconde famille qui nous accueille ce soir.

Cette maison, tout comme le village, est plus animée que celle d’hier. De nombreux voisins passent bavarder avec la famille, et cette dernière passe un peu de temps avec nous, contrairement à hier soir.

Le village est également magnifique. On se croirait revenus 100 ans en arrière! Depuis notre terrasse, on observe femmes et enfants ramener le foin, qui à moto, qui sur la tête. Les vaches suivent en courant pour rentrer dans leurs étables.

Troisième jour

Le jour se lève déjà sur notre dernière journée de marche. On ne devra marcher « que » 5h aujourd’hui, exclusivement à la descente et au plat. La première heure et demi est splendide, le chemin descendant dans la jungle, avec la montagne dans notre dos.

Après un dernier bout droit qui nous parait interminable, on touche enfin à notre but: le lac Inle, qu’on traverse en barque à moteur pour rejoindre la ville où nous séjournerons quelques jours par la suite, Nyaung Shwe. La traversée du lac est un grand moment pour nous. On a même l’occasion de voir de loin les fameux pêcheurs du lac Inle en action: ils utilisent une technique unique, attirant les poissons dans leur nasse en tapant l’eau à l’aide d’une grande perche en bois, et ramant avec un pied. Un vrai travail d’équilibriste!

Pour nous remettre de toute cette marche, les copains nous offrent une nuit dans un somptueux hôtel au bord du lac, en prévision de nos anniversaires. Piscine, jaccuzzi, baignoire dans la chambre, on en reverra pas de si tôt des comme ça. Vous revenez quand vous voulez les gars ? Du coup, on n’a pas fait grand chose autour du lac, à part la visite express… d’un vignoble! Avec dégustation of course!

Randonnée et Inle, le bilan

Le Myanmar, ça commence très fort! C’est conquis que nous quittons la région du lac Inle. On a surtout adoré la randonnée de trois jours qui nous a donné un bref aperçu de la vie des ethnies minoritaires vivant dans la campagne birmane. On a eu l’impression de faire un grand saut dans le passé!

On a bien fait de faire confiance à James, car après coup, en discutant avec des personnes ayant fait le trek avec d’autres guides et/ou agences, on a réalisé qu’on avait été bien chanceux de ne croiser presque aucun autre groupe des trois jours!

Le lac Inle est un incontournable du Myanmar, et on comprend pourquoi, c’est vraiment très joli. On a par contre volontairement évité la balade d’une journée en bateau sur le lac, qui vous fait passer d’attraction en attraction, avec faux pêcheurs pour les photos etc. Très peu pour nous. On aurait toutefois pu demander à un marin d’eau douce de nous faire faire une balade en évitant ces traquenards, mais on était trop occupés à goger dans notre jolie piscine. Et ouais, on a des priorités nous Monsieur Dame!

C’est quoi la suite?

C’est donc bien reposés qu’on embarque pour une deuxième nuit de bus en direction du… Royaume de Bagan! Ce site est le plus célèbre du Myanmar, et justifie à lui seul la venue dans le pays selon nous. Au programme: levers et couchers de soleil à tomber, et visites de temples en mode Indiana Jones (on en rajoute un peu là mais c’est pour vous donner envie de lire le prochain article).

Allez, la bise et à bientôt!

2 Comments

  1. Hé dites donc ! vous êtes très productifs , 2 articles en une semaine ! Attention à ne pas trop travailler, vous êtes en vacances tout de même ?…mais surtout n’arrêtez pas, c’est trop intéressant ! La Birmanie, vue par vous deux, elle a l’air bien amicale ! Gros becs et à bientôt

    • Le monde autour

      On essaie de rattraper un peu notre retard haha! Mais ne t’inquiète pour les vacances, on s’apprête à passer deux semaines à la plage au sud de la Thaïlande, départ demain matin ;)! Bisous

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.