EL CHALTEN

Salut les touristes alpestres,

Fraichement débarqués en Patagonie, on arrive à El Chalten, petit village un peu isolé, mais non loin de notre halte précédente, EL Calafate. C’est une autre étape plus ou moins incontournable de la Patagonie, car c’est depuis El Chalten que partent les randonnées permettant de se rapprocher du Mont Fitz Roy. Par beau temps, on peut même le voir depuis le village! Par beau temps, notez bien…

Places de choix pour faire un bout de la mythique Ruta 40

Je marche, tu marches, nous nous reposons

Au départ d’El Chatlen, s’il y a bien une chose qui ne manque pas, c’est le choix de randonnées donc. De la balade d’une heure au trek de plusieurs jours, il y en a pour tous les goûts. Comme on vous l’a dit dans l’article précédent, les treks de plusieurs jours ça sera sans nous, l’hiver étant arrivé plus tôt que d’habitude (c’est pas nous qui le disons, c’est les habitants du coin). Il fait passé -10° la nuit! Alors traitez-nous de lopettes si vous voulez, mais on n’a pas envie d’attraper la mort ?! Et puis bon, on n’a plus 20 ans hein, dormir sous tente avec un froid pareil, c’est mauvais pour nos vieux os.

Laguna Torre

D’ailleurs, la première randonnée, Arnaud la fera tout seul, le lumbago annuel de Sarah ayant décidé qu’elle serait mieux à l’auberge qu’à arpenter les magnifiques sentiers de Patagonie. Quand on vous dit qu’on se fait vieux, ce n’est pas qu’une figure de style.

C’est donc en solitaire qu’Arnaud part pour la marche menant à la Laguna Torre, réputée pour offrir un sublime panorama sur les montagnes environnantes. Il a neigé toute la nuit, ce qui rend le paysage féérique grâce au contraste avec le rouge des arbres perdant leurs feuilles. Ca a également rendu le sentier glissant, d’où un Arnaud ne manquant pas de se casser la figure à quelques reprises (augmentant encore un peu le niveau de frustration de Sarah de n’être pas là pour voir ça).

Laguna de los tres

Sarah plus ou moins sur pieds, c’est à deux qu’on entame la randonnée censée nous mener jusqu’à la Laguna de los tres, un lac de montagne avec le Fitz Roy en arrière plan. Cette image, elle hante nos rêves depuis qu’on prépare notre voyage, alors c’est vous dire si on l’attendait, cette marche!

C’est en bus que débute la journée, bus nous déposant au début d’un sentier afin de faire une boucle et non un aller-retour depuis le village. Il fait grisou, mais il ne pleut pas. La randonnée démarre dans la forêt, avec des trouées nous offrant une magnifique vue sur un glacier. Normalement, on devrait  déjà voir le Fitz Roy. Oui mais voilà, c’est complètement bouché! On continue en se disant qu’on aura sûrement plus de chance au fil des heures, on y croit, ça va se découvrir.

Après 2h de marche, on quitte la forêt pour déboucher sur une plaine. Et là, on comprend que nos plans risquent d’être contrés: le vent s’est levé. Et en Patagonie, le vent, quand il se lève, toi tu t’assieds! On avance tant bien que mal une heure supplémentaire en zigzagant (et pourtant, on vous jure qu’on n’avait pas encore fait l’apéro), obligés de s’arrêter à maintes reprises pour éviter de se faire souffler.

Le hic, c’est que la dernière heure de randonnée, soit le bequet menant au bord du lac, n’est pas recommandé par grand vent car possiblement dangereux. On se lance quand même mais non maman c’est pas vrai en fait c’est juste pour crâner ne t’inquiète pas hum –, mais on finit par rebrousser chemin. En plus du vent, la pluie s’est invitée à la fête, et pluie + vent + brouillard additionnés nous assurent de ne rien voir au sommet. Faire tout ça pour n’avoir aucun panorama, faut pas pousser quand même, on n’a pas encore viré masos! On rentre donc au village boire un bon chocolat chaud, par un sentier différent d’à l’allée, ce qui nous permet de découvrir de nouveaux paysages enchanteurs.

Pour vous dire à quel point la météo est changeante ici, on a eu tous les temps en redescendant. Après avoir mangé un sandwich au soleil au bord d’un petit lac, la pluie recommence à tomber. C’est à ce moment-là qu’on tombe sur deux Portoricains, qui sont tout fous-fous. Ils nous demandent d’où on vient, et quand on leur répond la Suisse, ils nous demandent:

– Vous avez l’habitude vous, c’est bien de la neige là qui tombe hein?

– Ah non non les gars, là c’est de la bonne vieille pluie, à la limite mêlée d’un peu de pletsch si vraiment vous insistez.

Les pauvres, on était presque tristes de casser leur rêve ?

On est certes un peu déçus de n’avoir pas pu voir le fameux Fitz Roy de près. Mais Messieurs Dames, on vous assure que la marche en valait la peine (elle n’est vraiment pas difficile en plus). Mazette que c’est beau! Cette Patagonie nous enchante, et on ne compte plus le nombre de fois où on dit: « Nan mais c’est pas possible comme c’est trop beau! », mais ça doit bien tourner autour des 8oo fois par jour!

Et puis, à ce moment-là, on a encore l’espoir que la situation s’améliore et qu’on puisse retenter le coup un jour prochain. On a le temps d’attendre, c’est bien le principal avantage d’un voyage au long cours!

El mirador de los condores, las aguilas et la dolce vita!

La bonne blague… Les jours suivants, il roille littéralement toute la journée, réduisant définitivement à néant nos espoirs de voir le Fitz Roy. Pour couronner le tout, comme la haute saison est finie, il n’y a plus beaucoup de bus partant du village. On est donc coincés là pour le reste de la semaine! Ce n’est pas grand chose sur un voyage d’une aussi longue durée nous direz-vous, mais quand il n’y a rien à faire, c’est quand même un peu long. On a bien été tentés de faire du stop, mais en voyant les malheureux poireautant des heures en bord de route, sous la pluie par ce froid de canard, on s’est dit qu’on n’était finalement pas si mal à ne rien glander dans notre super auberge ?

On profite de la seule éclaircie de la semaine pour faire une petite balade jusqu’à deux jolis points de vue au-dessus du village, le mirador des los condores et las alguilas.

Comme on vous le disait, il n’y a rien à faire dans le village hormis de la randonnée. Mais bon, on n’allait quand même pas se laisser abattre! On se trouve donc un bon petit QG, afin de commencer notre initiation à la dégustation des vins argentins et de ses délices culinaires.

C’est quoi la suite?

On quitte El Chalten un peu frustrés, car la star du coin a refusé de se montrer à nous. Mais que voulez-vous? S’il y a bien une chose contre laquelle on ne peut rien faire, c’est le temps. Et on savait très bien qu’en ne venant pas en Patagonie en haute saison, on prenait le risque d’avoir pas mal de pluie. Quoi que apparemment le mauvais temps peut très bien être là en été aussi. Et puis soyons honnêtes, on aurait très bien pu attendre, et attendre encore que la météo s’améliore. Mais après une semaine à tourner en rond, on a sauté sur les dernières places de bus restantes pour notre prochaine destination!

On va rejoindre l’extrême nord de la Patagonie, espérant gagner quelques degrés et retrouver un peu de soleil. C’est donc en direction de Bariloche qu’on embarque pour 24h de bus. Et oui, la Patagonie, c’est grand, les distances sont énormes, et les trajets en conséquence!

Au prochain épisode donc: lacs, chocolats chauds, hôtel de luxe, pilotage d’avion de chasse, domptage de lions mangeurs d’homme et bien plus encore (elle est bien l’accroche hein?)!

Ps: On vous met quand même une petite photo (piochée sur internet) de ce à quoi on s’attendait en venant ici

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