ISSAN

Salut les bikers,

On vous retrouve aujourd’hui dans le nord de l’Issan, au nord-est de la Thaïlande. On a en effet quitté le Laos précipitamment pour causes de précipitations (ha ha elle est bien bonne celle-là).

L’Issan, c’est une région qui nous faisait rêver bien avant de partir en voyage. Un coin de Thaïlande peu visité, ça nous intriguait. Il y a quelques semaines, on avait malgré tout choisi de mettre de côté cette région pour se poser sur l’ile de Koh Chang. Mais voilà, un soir durant un Skype au Laos, à Vientiane, le papa d’Arnaud nous rappelle que son ancienne collègue Stéphanie vit tout près de là où on se trouve, juste de l’autre côté de la frontière, dans l’Issan. Les connexions se font entre nos neurones (fait rarissime), et après un contact avec Stéphanie on décide de laisser de côté nos plans de sud du Laos pour filer en Issan, dans l’association qu’elle a fondée avec son mari. Comme quoi, il n’y a pas de hasards ?

On arrive donc dans la petite ville frontière de Nong Khai, où nous attend, une fois n’est pas coutume, un chauffeur! Hey ouais, ça claque hein! Après un rapide passage chez un loueur de scooter, notre super chauffeur nous dépose à l’Association Pimali.

Mais PIMALI c’est quoi au juste?

Il s’agit d’une association fondée par Stéphanie donc, et son mari Alexandre. Le but de l’association est de former des jeunes orphelins et/ou défavorisés de la région aux métiers de la restauration et de l’hôtellerie. Pour assurer le suivi des jeunes et la réussite du projet, Stéhpanie et Alexandre ont tout quitté en Suisse et sont venus s’installer à Nong Khai avec leur fille. Et ça fonctionne! On a juste été hallucinés par le travail fourni par cette organisation encore très jeune, puisque cela fait seulement deux ans que les infrastructures accueillent des élèves. Et les résultats sont là: des jeunes formés ici sont maintenant employés dans de grands hôtels thaïlandais! Ils ont un avenir assuré, ce qui aurait été bien moins certain sans PIMALI. Pour ceux qui veulent en savoir plus c’est par là que ça se passe: http://www.pimali.org

Durant leur formation à PIMALI, les jeunes reçoivent un enseignement théorique, mais apprennent aussi grâce à la pratique: quatre bungalows et un restaurant leur permettent de mettre en pratique leurs apprentissages. Et c’est là où ça devient encore plus intéressant pour les voyageurs que nous sommes: soutenir ce super projet en se faisant plaisir dans un logement tout confort et en mangeant dans un excellent restaurant, c’est tout bénéf!

Pour le restaurant de PIMALI, les matières premières sont cultivées sur place, biologiquement s’il vous plaît!

On a même le privilège d’être invités chez Stéphanie où on passe une excellente soirée, entre apéro avec vue sur le coucher de soleil sur le Mékong, pesto maison et gâteau au chocolat à se relever la nuit!

Nong Khai et ses environs

Il nous serait facile de se prélasser à PIMALI ad vitam aeternam, mais la région de Nong Khai a quelques belles découvertes à offrir, alors on s’extirpe de notre nid douillet pour en voir une partie.

Night market

Une ville thaïlandaise n’en serait pas vraiment une sans son night market. Nong Khai ne déroge donc pas à la règle, et on a la chance de s’y trouver un samedi, jour de grand marché. On a adoré s’y promener, goûter aux spécialités et prendre l’ambiance, très locale. La région est en effet peu touristique – assez rare en Thaïlande pour mériter d’être souligné -, et on y croise très peu d’autres occidentaux.

Lac aux lotus

Stéphanie nous apprend qu’un lac aux lotus se situe tout proche de PIMALI (il en existe un autre plus connu un peu plus au sud, mais il est semble-t-il bondé de monde). Il est coutume de faire une balade sur ce petit lac en barque. Mais nous, on aime bien crâner et se faire remarquer, alors c’est en paddle qu’on y va ?! Ce n’est pas du tout une activité aussi répandue que chez nous ici, et c’est possible uniquement parce que Stéphanie en a deux à PIMALI arrivant droit de Suisse – qu’elle a la gentillesse de nous prêter. On est ravis parce qu’on adore ça nous le paddle!

Nous voilà donc tout au matin pavanant sur nos planches au milieu de milliers de lotus. C’est tout simplement magique!

Sala Kaew Ku

Autre curiosité de la région, ce parc présente les oeuvres de l’artiste Luang Pu Bunleua Sulilat. On se promène dans le parc de statue de pierre géante en statue de pierre géante (jusqu’à 20m de haut). On tombe sous le charme de l’endroit!

Visite de la rhumerie

Si si, vous avez bien lu, on parle bien de rhum, comme dans le mojito. David, français d’origine, a créé il y a peu la première fabrique de rhum de la région, Issan Rum. Le lieu n’a pas été choisi par hasard, la canne à sucre étant abondamment cultivée en Issan.

On a la chance de visiter les lieux et de découvrir le processus du début à la fin. L’entreprise dispose de ses propres champs et travaille avec des paysans locaux pour compléter l’approvisionnement en matière première. La culture est faite dans le respect de l’environnement et le mode de production est manuel. Ainsi, les cannes sont épluchées à la main directement sur place.

Le jus en est extrait et mis à macérer

Puis distillé dans un bel alambique en cuivre

Le produit fini repose une année avant d’être embouteillé et distribué.

On termine la visite en beauté par une dégustation au bord de l’eau. Le goût est très original, beaucoup plus fruité que ce dont on a l’habitude (c’est notamment dû au fait que la canne soit épluchée). Pour ceux que ça intéresse, il est possible d’en commander en Suisse et en France : https://www.issan-rum.fr On vous garantit que ça en vaut la peine ?! David, en plus de fabriquer un excellent produit, crée de l’emploi dans cette région pauvre de Thaïlande. Le top!

Road trip

On profite d’être dans le coin pour réaliser l’une de nos grandes envies d’avant voyage: un road trip en scooter de plusieurs jours à la découverte de la région de l’Issan. C’est donc les fesses vissées sur notre super bécane rugissante que nous partons tout au matin, la larme à l’oeil de quitter PIMALI à tout jamais. Enfin ça, c’est ce qu’on croit à ce moment-là.

Nong Khai – Sangkhom

Notre bolide avale vaillamment les premiers kilomètres. On marque un stop sur notre route pour Sangkhom au skywalk du Wat Pha Tak Suea . La vue sur la région et le Mékong y est sympatoche.

On arrive à Sangkhom en fin d’après-midi, où on se trouve une chambrette avec vue sur le Mékong. Enfin vue, c’est le moins qu’on puisse dire: s’il déborde, on aura de l’eau à la cave!

Mais pour nous, la perle de Sangkhom ce n’est pas son emplacement de dingue en bordure du Mékong, non non non. C’est ses habitants! Illustration:

Pour le souper, on s’aventure dans une cantine où n’est servi que le fameux barbecue (viande, poisson et accompagnements à volonté pour 4.- par personne). Voyant qu’on ne sait pas trop comment ça fonctionne, les autres clients ne tardent pas à s’occuper de nous. Avant qu’on ait eu le temps de dire ouf, le bouillon chauffe, le poisson et la viande grillent, les sauces atterrissent sur la table. Et ce petit monde passe tout au long du repas pour s’assurer qu’on ne manque rien des subtilités du mets. Une dame va même jusqu’à chercher l’addition pour nous, en vérifiant qu’on ne se fait pas avoir bien sûr. Décidément, les gens méritent leur réputation au pays du sourire!

Chiang Khan

On arrive dans cette petite ville après une belle journée de route longeant le Mékong. C’est très esthétique, avec une promenade le long de l’eau et un petit marché du soir. Par contre, c’est très touristique! Mais des touristes thaïlandais et laotiens. Et au vu du prix des chambres, de riches thaïs et laotiens. Bizarrement, les gens sont beaucoup moins sympa ici que dans le reste de l’Issan, ça tranche carrément!

Phu Kradueng National Park

On se réserve le meilleur pour la fin! Au troisième jour, on arrive aux portes de ce parc national. Il a la particularité de se situer en majeure partie sur un plateau au sommet d’une montagne. On grimpe donc les 1300 mètres pour arriver au sommet, en étant attentifs aux éléphants sauvages qui se promènent dans le coin. Pas de chance pour nous, on n’en verra aucun.

Arrivés en haut, on rejoint le camping où on va passer la nuit. On loue une tente, des matelas et un sac de couchage, et on profite de la fin de journée pour observer les biches qui se promènent dans le camping à la recherche de nourriture facile.

On se lève avant l’aube pour aller admirer le lever de soleil avant de redescendre dans la plaine.

On a adoré cette petite randonnée et dormir dans ce camping du bout du monde. Cerise sur le gâteau, les lieux sont peu fréquentés, et presque uniquement par des thailandais. Dépaysement garanti!

Retour à PIMALI

Une dernière tirée de 180 km (fessiers en béton) nous ramène à PIMALI. Ce n’était pas prévu mais on s’est dit pourquoi pas! On se sent tellement bien dans cet endroit qu’on repart pour un tour ☺ L’occasion de rencontrer Alex, le mari de Stéphanie qui était en Suisse lors de notre précédent passage.

Et qu’est-ce qu’on fait bien! On passe une magnifique soirée improvisée en compagnie de ces deux-là, leur fille et un de leurs amis, Alain, fascinant expatrié français torréfiant un délicieux café. Et pas n’importe quelle soirée: en arrivant au restaurant pour souper le repas thai qu’on a commandé, on a la surprise de découvrir Stéphanie et Alex nous attendant à côté d’un… appareil à raclette!!! Un vrai! Avec de la raclette Suisse! On est aux anges.

On quitte difficilement cet endroit qui restera un moment fort de notre voyage. La gentillesse de Stéphanie et Alex, leur projet formidable changeant la vie de jeunes de la région, et l’hébergement de rêve en font un coup de coeur pour nous. Une chose est sûre, on reviendra ici dès que l’occasion se présentera!

Issan, Thaïlande, suite et fin

Phimai

Sur le rail en redescendant sur Bangkok, on marque un arrêt d’une journée pour visiter Phimai, village abritant un temple khmer ayant selon les dires inspiré ceux d’Angkor.

S’y cache aussi un gigantesque banian, arbre sacré à la surface impressionnante

Bilan étonnamment positif de la Thaïlande

Avant le départ, on parlait de la Thaïlande comme un pays à traverser par obligation plus que par choix, car il n’est pas possible de passer du Myanmar au Laos par la frontière terrestre. Une obligation sympa, mais sans plus.

Et ben à notre grand étonnement, on a tout simplement adoré visiter ce pays! Alors certes, on ne l’a pas arpenté de long en large, et on a choisi des coins plutôt épargnés par le tourisme de masse. Mais cela nous a démontré que les à-priori qu’on peut avoir sur un pays peuvent être complètement bousculés, et ça nous plaît!

Entre les plages de rêve peu peuplées de Koh Chang et Koh Kood, l’authenticité de l’Issan, la gentillesse de tous les habitants croisés et les rencontres en tout genre, la Thaïlande a su ravir nos petits coeurs!

Un craquage en règle

C’est dans le train en descendant du nord de la Thaïlande que germe une idée un peu folle. Normalement, dans les jours suivants, on était censés quitter l’Asie du Sud Est pour nous rendre à Taiwan, puis en Corée du Sud. Mais l’addition de la météo glaciale et des jeux olympiques en Corée nous refroidissent – c’est le cas de le dire – quelque peu.

Ca commence comme un chuchotement, une petite blague: « On pourrait peut-être aller trois semaines à Taiwan, et laisser de côté la Corée pour aller en Australie, hihihi » Et puis on commence à en parler un peu plus fort, à fouiner sur le net. Et puis, enfin, on ose envisager la possibilité de quitter tout simplement l’Asie pour partir tout de suite en Océanie…

C’est comme ça qu’on se retrouve à décider de partir en Australie six jours avant de le faire, comme ça, sur une banquette de train brinquebalant au fin fond de la Thaïlande. Heureusement, fidèles à notre habitude, on n’avait pas encore pris de billet d’avion pour Taiwan. On chante une fois de plus les louanges de notre liberté actuelle, alléluia!

C’est quoi la suite?

On vous retrouve donc tout prochainement sur le deuxième continent de notre voyage, l’Océanie! Rendez-vous sur la côte ouest australienne pour un road trip de dingue, à la découverte des grands espaces et d’une nature fascinante!

4 Comments

  1. Super article, les Robinsons, vous donnez vraiment envie de voyager ?les lotus, les temples, les habitants, et vous deux qui goûter à tous ces drôles de mets ?au revoir la Thaïlande et vive l’Australie! On attend la suite avec impatience même si vous êtes généreux en articles ces derniers jours ?gros bisous de toute la famille

    • Le monde autour

      Oui c’est vraiment trop cool, ça vaut la peine d’aller faire un tour dans le coin. Merci compte sur nous, des becs!

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