MENDOZA

Salut les écoliers-oenologues,

Après avoir passé quelque temps dans les paysages magnifiques – mais oh combien pluvieux – de la Patagonie automnale, on décide de se poser quelques semaines à Mendoza, où d’une part la météo est plus clémente, et où d’autre part on va prendre des cours d’espagnol, histoire de pouvoir commander des bières sans avoir recours aux mimes.

Me de flup fli

Pour cela, on a choisi l’école Ecela pour l’accent qu’elle met sur la conversation, ce qui nous intéresse le plus car avouons-le tout de suite, on n’a pas pour vocation de devenir traducteurs français/espagnol (pour ça, il faudrait déjà parler correctement le français ?). Cette école dispense ses cours par petits groupes (au max 7 personnes). Elle est installée dans deux villes du Chili, du Pérou et d’Argentine. On a choisi Mendoza parce que c’est une petite ville, et pour sa géolocalisation centrale qui nous offre la possibilité de bouger facilement plus ou moins où on veut une fois les cours terminés.

Départ donc pour 4h d’espagnol tous les matins. On est partis sur des cours « intensifs », histoire de progresser autant que possible. Toutes les matinées se déclinent de la même manière, à savoir deux heures de grammaire suivies de deux heures de conversation. On a perdu Arnaud après 15 minutes de grammaire. Mais il s’est accroché le bougre, et parle maintenant couramment un dialecte d’une minorité argentine. Si vous voulez un aperçu de l’étendue de ses talents, jetez un oeil à la vidéo ci-dessous.

 

On plaisante bien-sûr. Là où on est chanceux, c’est qu’on aura des cours privés! Et oui, Mendoza n’est ni excessivement touristique, ni particulièrement attrayante (on vous fait rêver là hein), il y a donc très peu d’élèves dans l’école. On profite ainsi de cours privés au tarif des cours collectifs. Et ça c’est de la balle mec!

Quand tu fayotes en classe 😉

Douce vie à Mendoza

La première chose qu’on remarque en arrivant à Mendoza, c’est le vert. Il y a des arbres partout, sur toutes les rues! Ajoutez des petits parcs dans tous les coins, une myriade de petits bars et restos bien sympas, de bonnes glaces et une circulation plus que raisonnable, et ça vous donne une bonne idée de la ville. Son centre est à taille humaine, et on peut en faire beaucoup à pieds. Mais le système des bus/trains municipaux fonctionne très bien, ce qui nous a été bien pratique puisqu’on logeait un peu en dehors du centre.

Voici quelques photos, prises notamment depuis le toit de l’immeuble de la municipalité, en plein centre.

Glace au Malbec!

En parlant de logement, on s’est loué un sympathique petit appartement, ce qui nous a permis de retrouver un semblant de rythme « classique », avec les cours le matin, les petites courses ou les balades l’aprem – et les devoirs bien sûr – , la cuisine à la maison ou les sorties le soir entre copains.

Nos adorables voisins canins

Et l’amusement dans tout ça?

Ben oui, c’est bien beau de jouer aux élèves studieux qui font leurs devoirs et tout et tout, mais faudrait voir pour pas oublier l’essentiel, à savoir l’amusement, la rigolade, la fête quoi!

Des grillades en veux-tu en voilà

Alors les Argentins, si il y a bien une chose qu’ils aiment faire pour se détendre, c’est les asados. Comprenez les grillades! On n’y coupera donc pas – ce qui demande un peu d’imagination pour des gens comme Sarah qui ne mangent pas de viande -. Parce que traditionnellement, aux asados, tu manges de la viande et puis c’est tout. Ben oui, pourquoi s’encombrer l’estomac d’accompagnements? Heureusement, Sarah réussit à faire entrer des légumes en douce, histoire de profiter de la fête aussi.

Pour les carnivores, il y a le choix: chorizo, poulet, porc, boeuf, et même boudin! Et il n’y a pas besoin de choisir d’ailleurs, il y a de tout en grande quantité. Pour vous donner une idée, à notre dernier asado il y avait 5 kgs de bidoche pour 7 mangeurs… Faites le compte!

Avant de prendre notre appartement, on a passé quelques jours dans un hostal bien sympathique. Un soir d’asado un poil arrosé, le chef cuisto nous propose de le suivre à une fête dans le squat d’un copain à lui. On s’y pointe donc avec quelques jeunots de l’hostal, et là surprise: à la fête, il y le pote en question plus une seule autre personne, et un gros amstaff légèrement sur les dents. Bref, on boit un petit fernet pour se détendre, et on commence à bien accrocher avec nos hôtes. C’est à ce moment qu’une nenette de l’hostal a l’idée du siècle: « On va en boite? » On suit (sans grand entrain), pour se retrouver dans une boite raeggaeton, où la moyenne d’âge avoisine les 18 ans. Hum, autant vous dire qu’on n’a pas tenu bien longtemps. On avait l’impression d’être les chaperons à une fête de lycée ?!

Le pays du Malbec

Autre attraction de la région, et pas des moindres: le vin! Ah ben oui, c’est qui faut bien la faire descendre, toute cette bidoche! Mendoza est en effet la région viticole la plus importante d’Argentine. Avec notre école, on a la possibilité de participer à des activités organisées pour les élèves. On décide de tester ça par une petite dégustation de vins proposée dans un joli établissement de la ville. Comme ça, on continue à pratiquer notre espagnol tout en se faisant plaisir. Le Malbec nous plaît bien, d’autant qu’on en trouve du bien bon dès la modique somme de 7.- la bouteille. En Suisse, tu peux chercher un moment pour trouver du bon vin à ce prix-là!

Sinon, il est très populaire pour les personnes visitant Mendoza de faire un tour des bodegas en vélo. Mais étant donné que la ville a beaucoup grignoté sur la campagne, ce tour n’a rien d’une balade champêtre, et pédaler au bord de la route nous tente moyen. On passe donc notre tour, mais on va tout de même visiter la Bodega Lopez, une bodega historique de la région. Avec petite dégustation à la clé naturellement!

En plus des dégustations du vin local, on a aussi pu tester les bières! Un nouveau bar (El Botellon) proposant un choix de 20 bières artisanales à la pression, constamment renouvelé, a ouvert au centre de Mendoza, lieu vite devenu notre QG pour retrouver les copains.

Les copains d’abord

Et oui, l’un des avantages majeur quand tu te poses plus de quelques jours au même endroit, c’est que tu peux créer un poil plus de liens avec les gens rencontrés que d’habitude. Parce que le classique: « Salut, tu viens d’où, tu voyages depuis combien de temps, t’es allé où, tu vas où après? », c’est bien sympathique, mais ça va pas bien loin dans le copinage. C’est d’ailleurs parfois frustrant quand on rencontre des personnes avec qui on sent rapidement que ça pourrait coller!

Bref, du coup, à Mendoza, on a pu développer des prémisses d’amitiés un peu plus qu’ailleurs, avec d’autres élèves d’Ecela. Et surtout avec la meilleure prof d’espagnol de tous les temps Paula ? (la madame avec les lunettes)!

Mais du coup, le revers de la médaille c’est qu’il a été encore plus difficile de les quitter en partant. Et oui ma petite dame, on peut pas avoir le beurre et l’argent du beurre!

Et alors, Mendoza et l’Argentine?

Vous vous en doutez bien, on a eu tout le loisir d’apprécier Mendoza, bien logés dans notre petit appartement, avec les sorties avec les copains les soirs et les weekends.

Ici, grâce à notre copine/prof Paula on a aussi eu la possibilité d’en apprendre un peu plus sur le système politique et économique argentin actuel, qui, il faut l’avouer, n’est pas au beau fixe (et ce n’est pas nouveau). En gros, le pays connaît une inflation démentielle, les prix augmentant sans cesse, sans que les salaires ne suivent évidemment. Du coup, la classe moyenne disparaît peu à peu, laissant place à une classe de gens très riches, pendant que toute une frange de la population s’appauvrit de plus en plus. Pour les plus pauvres, c’est évidemment encore plus terrible. Le président Macri – pote de Trump, ça en dit long sur le bonhomme – fait des cadeaux aux grandes entreprises et aux plus riches et leur offre de nombreux avantages, pendant qu’il réduit ou annule les aides sociales soutenant les plus précaires. En conséquence des injustices sociales, inévitablement, on constate une augmentation des vols, de la violence, etc etc. C’est résumé en très gros, et on n’est clairement pas des spécialistes de la question. Mais tout ça pour dire que l’avenir ne s’annonce guère brillant pour les Argentins (sauf pour les riches), et ça nous rend très tristes pour ce merveilleux pays et ses habitants tellement ouverts et accueillants.

Et oui, Mendoza marque déjà notre dernière étape dans ce gigantesque pays d’Amérique du Sud. On a vraiment beaucoup aimé y passer un petit bout de temps. Les paysages de Patagonie sont grandioses – et encore, on n’a pas vu le nord qui l’est tout autant semble-t-il -, et à Mendoza, on a eu tout le loisir de ressentir « la buena onda » qui fait la réputation du pays. C’est avec un petit pincement au coeur qu’on quitte notre Mendoza chérie pour repartir sur les routes du continent. Et ouais, c’est pas le tout, mais on a encore du boulot ?.

C’est quoi la suite?

On prend la route des Andes pour retourner au Chili, dont on a eu un très bref aperçu à notre arrivée sur le continent, à Punta Arenas. Notre prochain arrêt sera Valparaiso, ville bien connue pour ses maisons colorées et ses fresques murales!

On vous dit à tout bientôt pour un article tout en couleurs!

2 Comments

  1. Hello les Robinsons ! Arnaud n’a toujours pas trouvé de barbier ? ?Vos articles donnent vraiment envie de découvrir cette Amérique -là, c’est magnifique et vos rencontres très belles aussi! On en redemande! Gros becs à vous deux

    • Le monde autour

      Haha suspense au prochain article, aura-t-il toujours sa barbe ou non? On prend les paris ? Gros bisous à vous

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