PARC NATIONAL DE TANJUNG PUTING

Salut les martins-pêcheurs!

C’est bien fatigués qu’on atterrit à Pangkalan Bun, petit aéroport du sud-ouest de Kalimantan, partie indonésienne de la grande ile de Bornéo. Il faut dire qu’il nous aura fallu enchainer un bus de nuit, 9h d’attente à l’aéroport et deux avions pour arriver ici. Mais ça en valait le coup, car 2h après notre arrivée, nos potes Johanna et Nicolas débarquent pour partager un bout de route avec nous. Et nous, les copains, ben on aime bien ça!

Embarquement direction le livre de la jungle

Si on est venus dans le coin, c’est pas pour acheter du terrain, mais bien pour observer des orangs-outans en liberté. Pour nous rendre dans le bout de jungle protégée dans lequel ils vivent, nous embarquons à bord d’un Klotok, bateau emblématique de la région. Direction, la réserve de Tanjung Puting (santé)!

Nous nous apprêtons à passer 4 jours et 3 nuits à bord, ne descendant que pour aller se balader dans la jungle et observer – entre autres – les grands singes. A bord avec nous, notre guide Hin Ijuh, un capitaine et son matelot, et deux cuisinières. Ou plutôt deux magiciennes, parce qu’on se demande encore comment elles ont pu nous servir autant de choses à manger dans le semblant de cuisine dont elles disposaient!

Nous prenons nos quartiers sur le pont supérieur du bateau. Tout le nécessaire est là: une table à manger, qui est déplacée le soir pour transformer le pont en chambre, où sont installés matelas et moustiquaires, ainsi qu’une petite terrasse à l’avant du bateau pour ne rien manquer du spectacle permanent que nous réserve la nature. L’équipage travaille et dort sur le pont inférieur et dans la cabine, où se situe également la mini salle de bain qu’on partage avec eux.

Jour

Nuit

Premier contact avec l’orang-outan et ses amis de la forêt

Après environ 2 heures de navigation en suivant le fleuve puis de petits affluents s’enfonçant dans la jungle, le bateau fait son premier stop.

La couleur brune de l’eau est due au minage en amont du fleuve

Ca, c’est la couleur de l’eau quand elle n’est pas polluée

On marche environ une demi-heure, quand on se fait soudain barrer le chemin par un énorme orang-outan sorti de nulle part! Waouh, on en reste sans voix, il est vraiment impressionnant! Et il a de quoi, c’est le mâle dominant du coin, et il pèse pas loin de 120 kgs…

Quand Monsieur se décide à nous laisser passer, on marche encore un peu pour arriver à une plate-forme de nourrissage. Parce que oui ici, si les orangs-outans sont en totale liberté, ils reçoivent un apport de nourriture tous les jours. C’est là où ça devient triste: la jungle de Bornéo est tellement déforestée au profit des plantations de palmiers à huile, que les orangs-outans ne trouvent plus suffisamment de nourriture sur le territoire qui leur reste. En plus, plusieurs parmi ceux qui vivent ici ont été récupérés chez des particuliers qui les détenaient comme animaux de compagnie, ou sauvés et soignés après des attaques de propriétaires de plantations de palmiers à huile.

Ils sont donc habitués à voir des humains, mais on ne pensait pas que les plateformes seraient si proches de nous.

Faudrait voir pour se calmer sur la consommation de bananes mec

On repart après une bonne heure passée à les observer, tout contents de cette première rencontre. En naviguant en direction du lieu où le bateau va s’amarrer pour la nuit, on fait un stop pour observer trois colonies de nasiques qui s’installent pour la nuit. Papouilles et câlins sont au rendez-vous. Ces singes sont endémiques de Bornéo. Ils sont trop rigolos, avec leur gros ventre et leur long nez. Ils sont d’ailleurs surnommés les singes hollandais ?

Pour notre premier souper à bord, les copains nous ont gâté: petit lard et saucisson du boucher des Bois (Arnaud manquera de tomber dans les pommes) et bouteille de vin rouge valaisan, FAVI pour les connaisseurs (Sarah est vraiment tombée dans les pommes). Et ben autant vous dire que ça fait du bien après un mois à manger presque exclusivement du riz/poisson et des nouilles!

Oui Sarah, on va l’ouvrir la bouteille

Camp Leakey et autres plate-formes

Les jours suivants on visite deux autres plate-formes de nourrissage, ainsi que le Camp Leakey. Ce camp a été fondé par Biruté Galdikas, une scientifique qui a beaucoup apporté dans la connaissance des orangs-outans et au Parc national. Elle a été formée par le célèbre primatologue Louis Leakey – au même titre que Diane Fossey et Jane Goodall. Des scientifiques travaillent d’ailleurs toujours ici. Nous visitons un petit musée dédié à l’histoire du camp et à la compréhension de la jungle et des orangs-outans.

En plus des orangs-outans et des nasiques, on fait quelques jolies rencontres: des macaques à longue queue, des phacochères, des martins-pêcheurs (pour le plus grand bonheur d’Arnaud qui en est totalement fan), et des toucans!

Pumba, t’as caché où Timon?

On apprécie beaucoup les moments passés dans la jungle, un peu moins les visites des plate-formes de nourrissage. Et oui, bien qu’on ne soit pas en haute saison, on est loin d’être tout seul! Les bateaux se retrouvent tous au même endroit aux heures de nourrissage. Ce n’est pas tant le monde – on savait bien qu’il y en aurait un peu – que l’attitude des gens qui nous dérange.

Petit florilège:

– Celle qui se met devant tout le monde avec sa perche à selfie pour se prendre avec les singes (les indonésiens vouent un véritable culte à cet objet envoyé par satan);

– Ceux qui se croient au cirque et qui rigolent ou applaudissent au moindre geste des orangs-outans (Oh regarde, il fait des acrobaties pour nous faire rire!);

– Ceux qui parlent tellement fort que les guides doivent leur demander de se la coincer pour qu’on ait la chance de voir apparaître les singes.

Bref, ça nous a un peu soulé ? (oui, on est un peu sauvages). Du coup, on a développé une petite stratégie pour arrêter de s’énerver. On a remarqué que les gens s’en allaient en fait assez rapidement après avoir pris quelques photos. Du coup, en patientant un peu, on finissait par se retrouver seuls avec notre guide. Et comme par magie, les orangs-outans revenaient pour nous offrir le spectacle de leur vie courante! Ils sont très curieux, et on se demandait bien souvent qui observait qui.

Ils sont également prudents: l’un d’entre-eux s’est approché de nous, vraiment près, mais ça lui a pris une bonne vingtaine de minutes: et que je fais semblant de pas te regarder, et que je m’approche nonchalamment en faisant mine de m’en foutre, et que je te balance des bouts de bois dessus ?

Marche nocturne

Un soir, après un bon souper, Hin Iju nous propose de le suivre pour une balade digestive dans la jungle. On s’arme donc de nos lampes frontales et on s’enfonce dans la jungle à la suite d’un ranger. A cette occasion, on a la chance d’observer plusieurs oiseaux entrain de faire dodo dans des troncs d’arbre, quelques jolies tarentules en chasse, et une jolie civette. Cet animal est connu pour le café extrêmement couteux fabriqué à base de ses… excréments! Autant vous dire qu’on n’a pas goûté pour vérifier si c’était bon.

Plantation de palmiers à huile

Le dernier matin, sur le chemin du retour en ville, Hin Ijuh nous propose de nous arrêter dans un village proche d’une plantation de palmiers à huile. En sortant du village, on se retrouve rapidement dans une gigantesque plantation. On marche environ un demi-heure, jusqu’à se retrouver au pied d’un mirador. Des messieurs sont entrain d’y préparer les fruits de palmier pour en faire de l’huile.

Arrivés en haut du mirador, on est frappés par le paysage qui s’offre à nous, mais pas de manière positive cette fois. A des kilomètres à la ronde, où se trouvait il y a encore quelques mois une jungle luxuriante, on ne peut voir qu’une seule chose: des palmiers à huile. Hin Ijuh nous explique qu’une fois que les arbres ont atteint la taille permettant de transformer leurs fruits en huile, la terre sur laquelle ils ont été plantés ne pourra plus jamais servir à autre chose. Ils ont en outre besoin de tellement d’eau qu’ils assèchent tout en quelques années.

Voilà donc la principale cause de la disparition des orangs-outans: l’huile de palme. On était sensibilisés à la cause bien avant de venir ici – pas que pour les orangs-outans, c’est tout un écosystème qui disparaît -, mais c’est autre chose de le constater de nos propres yeux. Quelle tristesse! Hin Ijuh fait partie d’un collectif d’habitants réunis en fondation, qui rachètent les terres aux paysans pour replanter de la jungle quand c’est encore possible.

Nos impressions sur le tour

On quitte Bornéo avec un sentiment assez mitigé. On a trouvé magique de rencontrer des orangs-outans en liberté, surtout en sachant qu’ils risquent bien de disparaître si la destruction de leur habitat n’est pas stoppée rapidement. On a également apprécié l’originalité de vivre sur un bateau dans la jungle pendant quelques jours.

Néanmoins, le coin est très touristique, et le côté zoo nous a un peu gêné. On ne remet pas en cause l’utilité des lieux, la réserve est nécessaire à la protection de la biodiversité et au sauvetage des orangs-outans. Mais on se demande s’il est bien nécessaire de laisser les touristes les approcher de si près, et s’il ne serait pas bénéfique de réguler leur nombre (de touristes, pas d’orangs-outans hein). De plus, on était finalement rarement seuls, même la nuit où d’autres bateaux n’étaient jamais loin. Peut-être avait-on un peu trop fantasmé sur des nuits seuls en pleine jungle!

Si c’était à refaire, on prendrait plus de temps pour faire un trek dans un coin plus reculé, avec le risque de ne pas voir de singes mais avec l’opportunité de les voir totalement à l’état sauvage.

C’est quoi la suite?

On s’apprête à s’envoler pour l’ile de Java. Cette grande ile nous promet de bien belles aventures, entre volcans, temples et nature magnifique! Premier arrêt, le Mont Bromo, toujours en compagnie de Jojo et Nico!

Si vous voulez savoir si l’un de nous n’a pas terminé au fond d’un cratère fumant, ne manquez pas notre prochain article  ?

Petit supplément pour ceux qui n’en auraient pas assez des photos d’orangs-outans

8 Comments

  1. Marika

    J’adore vous lire !!! c’est tellement bien écris que j’ai l’impression de voyager avec vous …..
    En plus ,c’est comme des petits épisodes et j’ai trop hâte de découvrir la suite de vos aventures…..je vous souhaite bonne route et vous embrasse bien fort

  2. Alors là, trop beaux les orang-outangs même si ça ressemble à un zoo ! Le grand mâle est majestueux et vos photos sont top ! J’espere Que vous avez bien apprécié le FAVI, vous montrez les photos avant mais pas après ? surtout n’arretez Pas de partager, c’est trop bien ! Au plaisir de vous retrouver pour vos prochaines aventures ! Gros becs à vous deux

    • Le monde autour

      Merci! Vous imaginez bien qu’il a été dégusté… on boira la petite soeur à Riederalp 😉 Bisous à vous

  3. Cecilia

    Non mais mince là, vous commencez vraiment à nous ridiculiser avec notre vulgaire groupe Facebook et ses photos sans explication. Vous trouvez où toute votre créativité rédactionnelle?
    En vrai, c’est trop top! Continuez!!! Des bisous à tous les 4!

  4. Giovine jean noel

    Bonjour,

    Votre blog est super merci,
    Nous serons à Kumai le 10 Septembre.
    pouvez vous nous donner les coordonnées de votre guide.
    Nous hésitons beaucoup entre , réserver à l’avance ou
    une fois sur place ?
    Tous les organismes que nous avons contacté proposent
    la croisière en 3 jours.
    Y a t’il un intérêt à le faire en 4 jours.
    Merci encore

    • Le monde autour

      Bonjour Jean-Noel,
      Merci pour ton message. On n’a pas les coordonnées directes de notre guide Hin-Ijuh, mais voici les coordonnées de Yani, le patron de l’agence avec qui nous avions organisé le tour:
      tél: +6285249309250 (très réactif par whats app) email: info@orangutantravel.com
      Pour notre part, on avait réservé quelques jours en avance afin d’éviter de passer la nuit à Kumai. On avait choisi la formule de 4 jours car on avait le temps et on voulait profiter un max de l’expérience, mais en 3 jours c’est tout à fait faisable selon nous.
      On vous souhaite bien du plaisir et n’hésitez pas si vous avez d’autres questions!
      Arnaud et Sarah

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