SIAU

Salut les Tarsiers!

Suite à notre séjour à Tumbak Island Cottages, nous avons retrouvé l’agitation de Manado, la capitale du Nord de Sulawesi. C’est depuis là que nous avons pour projet d’embarquer pour notre prochaine destination, Pulau Siau, une petite ile méconnue du grand public et se trouvant à environ 5h de bateau de Manado.

Le tourisme n’est pas très développé en Sulawesi, surtout dans le nord (excepté pour quelques iles connues pour la plongée) et peu de locaux parlent anglais, ce qui ne facilite pas notre organisation! Siau n’échappe pas à la règle: elle n’est pas dans les guides, et on a rencontré une seule personne y étant allée.

Le départ

Tout au matin, nous voilà prêts au départ. On trouve facilement le bateau pour Siau. Il est déjà à quai à notre arrivée, mais on a une heure devant nous avant d’embarquer. On en profite pour s’asseoir et observer la vie autour de nous. Les « hello mister, hello miss » fusent de tous les côtés, on est les seuls « bule » du coin, comme ils appellent les étrangers. Du coup, c’est un peu nous l’attraction touristique, les rôles sont inversés 🙂

Au bout de quelques minutes, un monsieur ne parlant pas du tout anglais vient nous taper la conversation. La seule chose qu’on comprend c’est qu’il est de Siau (notre indonésien est très basique haha). Après quelques échanges infructueux, il nous tend son téléphone: il a appelé sa nièce qui elle parle anglais, pour qu’elle discute avec nous! Elle nous explique qu’il se propose pour être notre guide durant notre séjour à Siau. Quant à elle, elle aimerait bien nous rencontrer et nous aider à découvrir la ville si on revient à Manado!

Bien que son geste nous touche, on refuse poliment. Car s’il est intéressant de découvrir les lieux accompagnés des habitants, ça serait trop frustrant pour nous de ne pas pouvoir échanger avec lui et poser toutes nos questions pour mieux comprendre la culture locale. En plus, on a déjà le nom de quelqu’un parlant anglais sur place. Malgré notre refus, ce gentil monsieur nous accompagne au bateau jusqu’à nos places, et vient nous prévenir au moment où on arrive à destination. Adorable, ça s’annonce fameux si les habitants de Siau sont tous aussi sympas que lui!

Place avec les marchandises

Pulau Siau

A peine posé le petit orteil au port de Siau, nous sommes accueillis par Dominik, le seul guide de l’ile. Le monsieur cité plus haut l’a appelé depuis le bateau pour le prévenir que deux touristes arrivaient! Ah l’organisation à l’indonésienne, ça a du bon. Ca tombe bien, c’est Dominik qu’on nous avait recommandé de contacter. Il nous invite dans son petit bureau pour nous présenter les centres d’intérêts de Siau, puis nous accompagne à un Homestay tenu par sa meilleure amie.

Pendant le souper dans un Warung (gargote de rue), il nous propose un petit programme pour les deux jours qui suivent, en fonction de nos centres d’intérêts. D’habitude, on préfère découvrir les endroits par nous-mêmes, mais là c’est tellement peu touristique qu’on décide de découvrir l’ile avec Dominik pour ne pas passer à côté. Il est super sympa et ses tarifs de guide sont plus que corrects, incluant la location d’un scooter et les repas de midi. Nous prendrons ces derniers chez Dominik, avec sa famille. Et quels repas Mesdames et Messieurs! Sa femme se révèle être un vrai cordon-bleu, et on aura droit aux meilleurs repas depuis notre arrivée en Indonésie: légumes et fruits frais du marché, poisson pêché le matin-même, jus d’avocats, etc.

Ca nous donne également l’occasion de découvrir la vie à l’intérieur d’une maison indonésienne. Les portes sont toujours ouvertes, famille, voisins, chiens, chats et poules entrant et sortant comme dans un moulin. Quel contraste avec nos appartements fermés à double tour… Tous se retrouvent devant la télé, branchée en permanence sur les séries indiennes. Quels jeux d’acteurs, quelles intrigues palpitantes ?


Activités sur l’ile

Les points d’intérêts ne manquent pas sur cette petite ile. On choisit d’en découvrir quelques-uns:

A la recherche des Tarsiers

Si vous nous connaissez un petit peu, vous devez savoir qu’on est des fadas de nature, et particulièrement de faune sauvage. Quand on a commencé à se renseigner sur la Sulawesi, on a découvert qu’il était possible d’y observer des tarsiers, les plus petits singes du monde (entre 8 et 16 cm). Classiquement, pour les voir, les gens se rendent au parc national de Tangkoko, situé tout au nord de l’ile, ce qu’on avait donc tout naturellement envisagé de faire. Mais voilà, une fois en Sulawesi, on a compris que s’il est garanti d’y observer ces petites merveilles, ça ressemble plus à un zoo qu’à la véritable nature, les guides nourrissant les bébêtes pour qu’elles restent bien sagement à portée de vue des touristes.

Alors quand on a appris qu’il était possible (mais aucunement certain) d’en voir à Siau totalement à l’état sauvage, on n’a pas mis plus de deux minutes à se décider!

En milieu d’après-midi, on se met en route avec Dom et son fils en direction d’un lac à proximité duquel des tarsiers ont élu résidence. Ca commence par une petite balade bien sympa

Mais à peine arrivés au bord du lac, la pluie commence à tomber, jusqu’à nous rincer sévère! On rejoint la cabane de deux paysans au pas de course pour s’abriter. Bien nous en a pris, ces deux messieurs nous offrant le café et des amandes tout juste cueillies en attendant que Dame nature daigne bien se calmer.

A la nuit tombée, on peut repartir en « chasse » des stars du coin. On s’arrête dans la jungle et notre guide les cherche à la lampe de poche. Ils sont très petits et se fondent bien dans les arbres, ce qui fait qu’il est quasiment impossible de les repérer pour des non initiés tels que nous. Au bout d’un moment, Dominik nous appelle: « Vite, il y en a un là-haut, suivez-moi! » Et là, n’écoutant que notre instinct, faisant fi de tous les dangers, nous bravons la jungle féroce au péril de notre vie pour atteindre l’animal sauvage. Ouais bon ok, on a crapahuté 5 minutes dans un talus, mais bon, ça glissait avec la pluie hein!

On a donc la chance d’observer plusieurs spécimens, qui se laissent photographier sans broncher. Magnifique rencontre, ça valait la peine de venir jusqu’ici 🙂

Sources chaudes de Tamboko

Le lendemain, après avoir visité le marché et mangé comme des rois chez Dom, on part en quête des sources de Tamboko. Il s’agit de criques dont l’eau est chauffée par la chaleur du volcan. Pour y accéder, on descend dans la jungle, pour aboutir à ce panorama :

Ni une ni deux, on saute dans l’eau, et effectivement, quelle chaleur! Selon les courants, ça monte jusqu’à 40°. C’est vraiment agréable de se prélasser dans cette eau transparente, en pleine nature, au soleil couchant. C’est un peu comme les bains de Lavey, mais avec vue non pas sur les montagnes, mais sur l’océan 😉

Le volcan Kerangetang

Autre star de l’ile, le volcan Kerangetang est un volcan très actif (comme bien d’autres en Indonésie, le pays étant situé sur la ceinture de feu du Pacifique). Sa dernière éruption date de 2015. L’ile porte d’ailleurs partout les stigmates de ses éruptions successives.


Avant de gravir un bout de ce volcan, on se rend au centre d’observation volcanologique

Et sur une ou deux coulées de lave

Puis notre dernière nuit, c’est à 3h45 que nous quittons notre chambre pour partir à l’assaut de la bête. Au bout d’une heure de marche, on se retrouve sur une ancienne coulée de lave, et c’est là qu’on s’installe pour attendre le lever du soleil. Au-dessus de nous, on peut voir le volcan cracher des gerbes oranges, sous les étoiles filantes. Juste magnifique. Petit à petit, le soleil se lève, et le paysage s’agrémente de la vue sur l’océan en bas du volcan. C’est dans ce décor qu’on prend le petit déjeuner

Mais évidemment, c’est à ce moment-là que la pluie décide de s’inviter! Le plan initial était de grimper encore un peu pour se rapprocher du volcan, mais ce n’est pas envisageable dans ces conditions. On rentre donc par un sentier dans la jungle, sous la pluie battante. On peut vous dire qu’on a compris ce que l’expression « trempés jusqu’à la culotte » signifiait littéralement!

Cette excursion, aussi sympathique fut-elle, nous a un poil déçus. Bien qu’on se soit régalés d’un magnifique panorama, on pensait s’approcher beaucoup plus du cratère, alors qu’on en était bien loin. Même sans la pluie, on ne s’en serait pas beaucoup plus approché vu la distance qu’il restait à parcourir.

Culture de la noix de muscade

Une autre spécificité de cette ile, et pas des moindres, c’est la culture de la muscade. L’Indonésie – spécialement les iles Banda et Siau – est le troisième producteur mondial de cette épice. A Siau, la majorité des familles vit de sa culture. En se baladant en scooter, on s’en rend vite compte: les arbres à muscade sont partout, et on peut voir les noix sécher au bord de la route devant nombre de maisons. L’odeur de muscade est également omniprésente.

Pour conclure

Notre séjour à Siau était totalement imprévu. Mais qu’est-ce qu’on a bien fait de venir se perdre ici! Outre les activités sympathiques, on a apprécié s’éloigner du circuit touristique classique et découvrir une ile très préservée. Pour vous dire, on n’a pas croisé un seul autre touriste de tout le séjour! Dominik a largement contribué à rendre ce séjour si spécial. Les moments partagés avec sa famille et ses amis ont été particulièrement authentiques.

Pour ne rien gâcher, c’est un fervent défenseur de la nature. Il faut savoir qu’en Indonésie, il n’y a aucun programme de traitement des déchets par exemple: ils sont soit brûlés, soit purement et simplement jetés à la mer! Dominik lutte pour sensibiliser les habitants et les dirigeants de Siau à cette problématique, notamment en sensibilisant les enfants dans les écoles et en rédigeant des articles de presse. Il compte quelques belles victoires à son actif, comme le ramassage des déchets plusieurs fois par semaine. On a effectivement pu constater que Siau est nettement moins recouverte de plastique que les endroits visités jusqu’alors.

Anecdote: Pour notre dernier soir sur l’ile, nous allons manger dans un Warung avec animation musicale avec sa femme et son fils (les indonésiens sont fans de karaoké). A peine arrivés, Dom se lève et prend place sur l’estrade pour pousser la chansonnette. On se retrouve donc naturellement à danser avec les indonésiens présents! Il chante même quelques notes de la seule chanson française qu’il connaisse: Aline ?

Après le repas, on s’apprête à rentrer se mettre au lit, quand Dom nous propose de le suivre chez des amis à lui. On n’hésite pas une seconde (bien qu’on doive se lever à 3h du matin pour l’ascension du volcan) et on se retrouve au milieu d’une dizaine de musiciens, répétant des morceaux traditionnels en vue d’un festival à venir. Quelle chance!

C’est quoi la suite?

On s’envole pour Makassar, la capitale du Sud de Sulawesi, dans le but de se rendre en Pays Toraja. Cette région est très connue pour ses traditions encore très ancrées, et ses splendides rizières en terrasse. Ca s’annonce prometteur tout ça!

A plus les Gus!

23 Comments

  1. Cecilia

    Mais j’adore vous lire mes petits! J’ai beaucoup aimé la comparaison aux bains de Lavet. C’est toujours important de faire des rapprochements! ? Ca a l’air trop bien en tout cas. Amour et rouflaquettes!

    • Le monde autour

      Ah que veux-tu, on est des sentimentaux, on ne peut s’empêcher de comparer les merveilles du monde avec notre bonne vieille Suisse 😉 Kiss love flex à vous les tortues géniales voyageuses!

  2. Superbe, la suite de vos aventures les Robinsons! …il y avait de drôles de trucs dans vos assiettes chez Dominik?Vos photos sont très belles , vous êtes prêts pour être reporter sans frontière ??à tout bientôt gros bisous à vous deux

    • Le monde autour

      Faut pas se fier aux apparences, c’était trop bon 🙂 Merci, ça nous donne des idées on va postuler 😉 Bisous

  3. La maman jurassienne

    Vraiment intéressant ! Merci pour la leçon de faunistique . Ces petits singes sont trop mignons. Quant à vos aventures hors des sentiers battus on s’y croirait ! Merci pour le voyage et bonne continuation. Bisous bisous

    • Le monde autour

      Oui trop chous ces petits tarsiers! Là on est passés à la taille au-dessus avec les orangs outans! Gros becs

  4. La grande sœurette ?

    Bin moi j’aime la vue sur les montagnes… à Lavey. Vous voyez un tour de la Suisse suffisait amplement ? Bonne continuation ?

    • Le monde autour

      Salut Nouredine! Merci beaucoup pour ton message! J’espère que tout va bien de votre côté.
      Salue bien tout le monde! A plus!!!!

  5. Lisa

    Bonjour à tous les 2, on envisage d’aller sur cette île en fevrier et nous sommes tombés par hasard
    Sur votre page. Pouvez- vous nous préciser ou vous avez dormi? Merci beaucoup

    • Le monde autour

      Bonjour Lisa! Nous avons dormi à Karatu Homestay. Voici le contact d’Anita: anita_karatu@yahoo.com
      La chambre est toute simple mais le personnel est adorable. Bon voyage, n’hésitez pas si vous avez d’autres questions 🙂

    • Hello,

      Ici Marie, une des deux seuls Bule de l’île 🙂 On s’est croisés avec mon copain à RM Boulevard quand vous étiez là. Super sympa votre article 🙂

      Je me permets de répondre à Lisa, pour le logement à Siau il y a plusieurs options:

      à Ulu (Ville d’arrivée du bateau)
      Wisata Bahari : de 150.000 à 250.000 Rp – Peu ou pas entretenu, chambres vraiment sommaires.
      Little House: de 200.000 à 300.000rp – Chambres comfortables, pour les chambres les plus chères, salle de bain privée (et eau chaude!), ainsi que la clim, et la tv.
      Karatu : entre 200.000 et 250.000rp – Guesthouse venant d’ouvrir, personnel très sympa. Chambres basiques, petites mais propres. (petit plus: ils ont le wifi gratuit, et devraient etre sur booking.com très bientôt).
      Hotel Jakarta : Perso je n’y suis jamais allée mais de ce que j’ai pu en entendre, c’est cher et pas très propre.

      Sinon au sud de l’île, il y a un resort qui s’appelle Kalea. C’est un peu cher mais joli (bungalows au bord de l’eau). Le Kalea a un site internet donc je vous laisse regarder.

      Voilà, si besoin de plus d’infos sur Siau, n’hésitez pas à répondre à ce message (d’autant plus si vous êtes tentée par la plongée car je suis instructrice dans le seul centre de l’ïle, Limangu Diving Centre 🙂 )

      Marie

  6. amélie

    BOnjour

    Merci pour ce récit. Nous envisageons d’aller à Siau cet été, auriez vous encore les coordonnées de votre guide Dominik ?
    Merci d’avance.

    Amélie

    • Le monde autour

      Bonjour Amélie,
      Merci pour ton message. Oui voilà le contact de Dominik Derek:
      tél: +6285398666999 email: dominikusderek@gmail.com
      On vous souhaite beaucoup de plaisir sur cette merveilleuse ile en compagnie de ce guide génial.
      N’hésitez pas si vous avez d’autres questions!
      Arnaud et Sarah

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