VALPARAISO & SANTIAGO

Salut les artistes,

Aux dernières nouvelles, on terminait notre séjour argentin par 3 semaines dans la ville de Mendoza, histoire d’apprendre quelques rudiments d’espagnol. Après avoir terminé nos cours avec plus ou moins de succès, on se décide à reprendre la route en repassant au Chili, pour aller découvrir la ville de Valparaiso.

On nous a vanté à maintes reprises le trajet de bus menant de Mendoza à Valparaiso, car il traverse les Andes et offre même une vue sur l’Aconcagua. On se faisait donc une joie de passer ces 9h de route le nez collé à la vitre. Sauf que pour ça, il aurait fallu ne pas choper le bus le plus pourlingue de toute la flotte: les vitres étaient tellement embuées qu’on n‘a pour ainsi dire rien vu! L’odeur des pieds du mec devant nous – qui a eu la bonne idée de retirer ses chaussures -, ça on l’a bien sentie par contre. Comme une petite envie de raclette tiens! Et pour couronner le tout, un bruit de vibration juste au dessus de notre tête qui tape bien sur le système pendant 9h: ben oui ça n’aurait pas été marrant s’il avait été à l’autre bout du bus. Ah, les petites joies du voyage ?

Valparaiso, une visite imprévue

A vrai dire, on s’arrête dans cette ville un peu plus par « dépit » que par réelle envie. Si vous nous suivez un peu, vous devez déjà savoir qu’on n’est pas des dingues de villes. Valparaiso, près de 300’000 habitants, ne figurait donc pas en tête de liste de nos destinations rêvées. Oui mais voilà, nous y prenant un peu tard – ah ben ça alors quelle surprise! – pour prendre nos vols pour notre destination suivante, on n’a pas eu le choix que de prendre un billet partant 10 jours plus tard de Santiago. L’idée de visiter Valparaiso à 2h de là s’est ainsi naturellement imposée.

Des quartiers hauts en couleurs

Valparaiso est l’un des lieux les plus connus du Chili, principalement pour son urbanisme tout à fait original et ses fameuses fresques murales. On part donc à la découverte de la ville, à pieds, pour lui laisser le loisir de se présenter à nous dans toutes ses nuances.

La ville est constituée de deux parties: une (ou des) partie haute et une partie basse. La partie basse est « artificielle », dans le sens où elle a été créée de toute pièce par l’homme en bétonnant par dessus la mer. Cette partie est plutôt commerçante, bien qu’abritant un quartier historique. C’est également la partie où l’on côtoie le plus la grande précarité. Comme quoi, ce n’est pas parce que le Chili fait partie des pays avec la meilleure situation économique d’Amérique du sud que ses habitants vivent tous dans l’opulence. Rien de nouveau sous le soleil, mais ça fait toujours du bien de s’en rappeler!

Mais si Valparaiso est si connue, c’est davantage pour sa partie haute. Ou ses parties hautes serions-nous tentés de dire. En effet, cette partie est constituée d’une quarantaine de « cerros » ou collines (hé ouais t’as vu on est trop balèzes en espagnol maintenant).

On n’a pas visité tous ces cerros (il est d’ailleurs déconseillé d’en visiter certains seuls), mais les principaux. Et quand tu visites Valparaiso à pieds, et ben tu te fais les cuisses: ça monte, ça descend, ça remonte, et ça redescend, bref, pire que Lausanne! Pour ceux qui veulent éviter de se fatiguer, il est possible d’emprunter de petits funiculaires, qui ajoutent un charme certain à la balade. Mais sinon, l’intérêt de cette partie de la ville, c’est ses maisons qui sont toutes colorées. Historiquement, elles étaient peintes avec la peinture pour bateau qui restait aux marins, ce qui la rendait particulièrement résistante.

Et surtout, on n’avait jamais vu autant de street art, c’est vraiment impressionnant. Tous les murs sont recouverts de jolies fresques. En sachant que c’est interdit au Chili, et que la justice ne rigole pas du tout avec ça, il y a de quoi se poser des questions. Ce sont en fait les propriétaires des maisons (ou la ville pour les bâtiments municipaux) qui rémunèrent des artistes pour peindre leurs murs, ou des artistes qui proposent aux propriétaires de le faire, histoire d’éviter les vilains tags (taguer sur une fresque est une limite à ne pas franchir dans les règles du street art). Et voilà comment rendre légal un truc illégal, tout en magnifiant une ville! Même nous qui ne sommes pas de grands connaisseurs, on a eu du mal de décoller le nez des murs!

Un port haut en odeurs et en sonorités

On a pris nos quartiers à la Maison de la mer, joli petit hostel dans les hauteurs de la ville, tenu par un couple de Francais très sympathiques. Apres avoir papoté avec eux, ils nous conseillent quelques itinéraires et endroits à ne pas manquer. Et surtout aussi, les endroits à éviter… Valparaiso souffre d’une image de ville un peu craignos, mais c’est surtout les vols à l’opportunité qui sont répandus.

Mais passons, on part donc sur conseil de nos hôtes en direction du port de pêche. Pour s’y rendre, rien de plus facile, à Valpo il existe un super réseau de transports en commun: micros, trolleys, taxis collectifs, tapis volants, téléportation, portoloins, etc. Comme on a raté le portoloin et qu’on n’a pas trouvé la station de téléportation, on se tourne vers le micros, soit le minibus local. Après 1282 virages et autant de montées et descentes on arrive au port de pêche.

En s’y rendant le matin, on a tout le loisir d’observer l’activité des pêcheurs revenants tout juste à terre vendre le fruit de leur travail à la criée. C’est assez atypique, car les bateaux sont sortis de l’eau par une espèce de grue au bout d’une jetée, mis sur une remorque et amenés jusqu’au port. Les pêcheurs y vendent leurs poissons directement depuis leurs bateaux!

Mais l’attraction phare de ce moment, pour nous, c’est l’observation des lions de mer venus récupérer leur part du gâteau. Et là, plus rien à voir avec les adorables petites frimousses avec lesquelles on a nagé en Australie. Celles-ci sont tout bonnement ENORMES! Ils attendent et quémandent les restes de poissons comme des – gros – chiens. Le spectacle est trop drôle!

Le diner est servi!

Une visite guidée au top!

Pour découvrir la ville sous un nouvel angle, on décide de participer à une visite guidée en français, le Valpo’top tour.  Le concept nous plait bien: rdv tous les jours à la même heure au même endroit, et on rémunère le guide ce qu’on veut, en fonction de si on a aimé  – ou non – l’expérience.

Et ben quelle bonne idée on a par là! En plus de découvrir ou redécouvrir des coins de la ville, on en apprend beaucoup sur son histoire, sur le street art, et même sur l’histoire du Chili en général. On fait rarement appel à des guides, mais alors là, l’expérience a été tout bonnement géniale! On a même droit à une petite dégustation de Pisco sour chilien en fin de visite! Nettement moins bon que le péruvien selon nous, mais chut, on ne voudrait pas s’attirer les foudres des chiliens ?.

Cette visite est aussi l’occasion de retrouver nos copines italiennes (qui parlent français, on est pas devenus multilingues non plus) Eugenia et Nicoletta rencontrées à Mendoza, et de faire connaissance avec d’autres voyageurs francophones, Marion et Pascal, avec qui on aurait bien aimé partager plus qu’un apéro!

Vieux trolley suisse circulant à Valpo!

Suivez le guide!

Comme quoi, une fois de plus,

le Dieu du voyage fait bien les choses! Parce que si nous n’avions pas été si mal organisés, on aurait raté Valparaiso. Et Valparaiso, elle figure désormais sur le podium des villes visitées depuis le début du voyage! Bon après, il faut avouer qu’elle n’a pas eu beaucoup de concurrence… Mais on est tombés sous le charme de cette ville toute particulière, colorée, vivante et tournée vers la mer, et ça aurait été dommage de rater ça.

Santiago, une agréable surprise

Après ces quelques jours passés à Valparaiso, on se rend à deux heures de là, histoire de visiter un peu la capitale chilienne. On attend pas grand chose de Santiago, étant partagés entre les bons échos qu’on en a eu de la part d’autres voyageurs, et notre manque d’amour mêlé de craintes pour les grandes villes.

On se rend rapidement compte que Santiago, toute mégapole qu’elle soit, est bien calme et agréable. Le métro tout ce qu’il y a de plus organisé facilite tous les déplacements, la circulation est ordonnée, les rues sont jolies, parfois ornées de street art dans le sillage de Valparaiso. On passe une journée à se balader dans les différents quartiers.

Un peu d’histoire et de culture (c’est comme la confiture…)

Mais ce qui nous a surtout marqué à Santiago, c’est son excellent Musée de la Mémoire et des Droits de l’Homme. Ce musée traite de la situation du pays sous la dictature militaire d’Augusto Pinochet, entre le coup d’Etat de 1973 et la fin officielle du régime en 1990. Et 1990, autant dire que c’est hier! La question est en conséquence à prendre avec des pincettes au Chili. Aussi surprenant que ça puisse paraître, une partie de la population est encore pro-Pinochet, et certains de ses partisans et membres de sa famille restent très bien placés dans la société ou l’armée chilienne. Quand on sait que même monsieur Pinochet lui-même n’a pas été embêté de son vivant, ça en dit long sur la vision partagée qu’on en a ici. La question est donc épineuse à évoquer avec les chiliens, car chacun d’entre-eux compte parmi ses proches soit une victime soit un partisan du régime.

Ce musée est donc vraiment intéressant car il montre, à l’aide de divers documents, films, témoignages, etc, les étapes clés du régime et ses conséquences sur la société chilienne. On y a passé plusieurs heures, aiguillés par un excellent audio-guide en français.

Il était interdit d’y prendre des photos, vous êtes donc obligés de nous croire sur parole et on ne peut donc que vous conseiller de vous y rendre ?

C’est quoi la suite?

Alors là les amis, on ne se fout pas de vous. Ni de nous. On s’apprête à s’envoler pour l’une des destinations les plus attendues de ce voyage, un rêve d’enfant qui se réalise, une des destinations les plus mystérieuses de la planète. Attention, roulement de tambour….

L’ile de Pâques!!!

On vous retrouve donc bientôt entre Moais, cocktails au coucher du soleil et danse traditionnelle! Juste ça!

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